April 4, 2020

Texte de positionement du groupe local face à la crise du coronavirus

La crise sanitaire que traverse le monde actuellement montre les limites du système dans lequel nous vivons : un système centré sur l’argent au détriment de la vie, des humain·es et de la Terre ; un système basé sur une production mondialisée à moindre coût, des services publics quasiment abandonnés par les États ; le tout créant une injustice sociale et écologique toujours plus grande. Pourtant, nous pouvons construire un monde plus juste socialement et en harmonie avec la Terre et la Vie.

Notre santé ?

L‘absence de lits et de personnels dans le système de santé montre bien cette situation. Résultat de 30 ans de “rationalisation“ des coûts, le système hospitalier est fragilisé, insuffisant pour faire face à cette crise sanitaire. En France, nous disposons d’un lit de réanimation pour 13 600 personnes ; en Italie, 1 pour 17 000 ; en Allemagne, 1 pour 8 300.* Les EHPAD manquaient déjà de moyens, à ce jour on n’y comptabilise (même) pas encore le nombre de morts liés au coronavirus. Combien de personnes en France n’auront pas accès aux soins intensifs, mourront, faute de lit, pour cause de restriction budgétaire ? Combien de soignant·es se voient gratifier d’héroïsme mais paieront en fait de leur vie pour cause de restrictions budgétaires ?

Le travail ou la vie ?

Face au virus, la crise sanitaire et sa gestion créent ou renforcent des inégalités flagrantes. Entre les ouvrièr·es contraint·es à travailler à l’extérieur et les cadres protégé·es par le télétravail. Quel est l’intérêt sanitaire de maintenir des activités non indispensables à la lutte contre le coronavirus ? Par exemple les entreprises de vente en ligne comme Amazon, les livreur·ses, la production de biens non alimentaires et non médicaux… ? Ces personnes devraient pouvoir se protéger sans devoir choisir entre salaire et santé. Là encore, la situation montre les limites de nos modes de vie et du système, qui va jusqu’à nous mettre en danger.

Trop inégaux face au confinement

Le confinement a été choisi comme solution principale, faute d’un système de santé suffisant et résilient. Cette mesure est utile pour désengorger les hôpitaux mais nous questionne, quelle est la place de chacun et chacune face à ce choix sanitaire et économique ? Nous ne sommes pas égales et égaux face au confinement : il sera vécu différemment dans une maison avec jardin, ou dans un studio sans balcon. Et que dire des personnes isolées, handicapées, âgées ou malades, sans soutien ? Et les sans-abris seront une fois encore les plus touché·es, SDF, migrant·es… Car les associations doivent protéger leurs salarié·es, bénévoles. Or, l’État a globalement abandonné sa responsabilité dans ce domaine.

Écoutons les scientifiques, mais défendons nos droits !

Face à la crise sanitaire, des mesures urgentes et exceptionnelles ont été mises en œuvre. Dans un système déjà inégalitaire et destructeur de la planète, ces mesures portent atteinte à des libertés publiques et des acquis sociaux parfois centenaires (liberté de circulation, vie privée, congés payés, temps de travail…). Elles sont présentées comme nécessaires et temporaires. Nous appelons à la vigilance sur leur pertinence et leur temporalité !

Nous le pouvons, c’est le moment de changer le système !

Nous prenons acte : lorsque l’État et les politiques ont la volonté de changer les choses, c’est possible en un temps record ! Les règles budgétaires peuvent être assouplies, des mesures prises, les scientifiques peuvent être écouté·es (plutôt que les lobbies) !

La crise du Covid 19 est temporaire. Le dérèglement climatique continue de s’aggraver, et les crises se renouvelleront. Les deux sont liés à nos modes de vie et au système économique.* Que l’État Français en prenne enfin conscience : Il y a urgence sociale et climatique, autant qu’il y a crise sanitaire.

Il est urgent de changer nos modes de production, de transport, d’apprentissage, d’alimentation… Il est urgent que l’argent soit injecté dans ce système alternatif plus local, plus solidaire, plus créatif, plus humain que nous voulons, et non dans ce vieux système incapable de protéger la vie. La question de la prise de pouvoir est importante et doit faire partie de nos stratégies, individuelles et collectives.

Il est temps pour chacun·e d’entre nous, de reprendre en main nos vies, notre monde ! Favorisons les circuits courts de production, des modes de vie résilients, solidaires, en harmonie avec la Terre, et … pour traverser les crises à venir ensemble. Construisons ensemble un rapport de force le plus rassembleur possible en s’appuyant sur ce système alternatif global. Par un mouvement collectif massif nous pourrons construire ensemble un autre monde. Cette crise doit être une opportunité pour changer de système, pour le reconstruire en se recentrant sur la satisfaction de nos besoins fondamentaux, de manière équitable et solidaire. Prenons nos vies en main, agissons ensemble, rejoignez-nous !